L’économie, cette gigantesque machine (à votre service, ou le contraire ?)

L’économie va mal ! C’est sûrement vrai, puisque tout le monde le dit : « c’est la crise économique ». Et d’ailleurs, quand les gens disent que l’économie va mal, ça veut souvent dire que tout va mal. Par exemple, cela veut dire que le chômage augmente, ou que le pouvoir d’achat des gens baisse. A en croire les journaux, il vaut mieux perdre tous ses amis plutôt que d’avoir une économie qui va mal !

L’économie, cette grosse machine incomprise !

Mais au final, qu’est-ce que l’économie ? Comme beaucoup de choses, tout le monde en parle, mais personne n’explique vraiment ce que c’est. En quelques mots, on pourrait dire que l’économie est l’ensemble des activités humaines autour de l’échange. L’échange de biens (c’est-à-dire d’objets, de machines, de nourriture, qui sont matériels, palpables) ou de services (qui sont immatériels).

Petite remarque au passage : les biens sont toujours utilisés pour rendre des services. Acheter un robot presse-purée (qui est un bien) équivaut à acheter 5 ans de service d’écrasage de pommes de terre (si on se dit que les robots presse-purée tombent en panne au bout de 5 ans, leur limite de garantie 😛 ). Les pommes que j’ai achetées (encore un bien) me rendent le service de me nourrir (miam, un très bon service ça !). La maison que j’achète (palpable, donc un bien) me rend le service de me chauffer, de me protéger de la pluie, d’accueillir mes amis, et bien d’autres services très sympas. Au final, il n’y a pas de différence fondamentale entre un bien et un service du point de vue psychologique. On peut donc tout ramener à des services.

Houla, avec tant de rouages autours de nos échanges, faut même pas essayer de comprendre l'économie !
Houla, avec tant de rouages autours de nos échanges, faut même pas essayer de comprendre l’économie !
Les coulisses d’un tout petit échange de la vie de tous les jours

L’économie est tout ce qui tourne autour de l’échange, soit. Alors qu’y a-t-il autour de l’échange ? Et bien avant de s’échanger un billet de 10€ contre un gâteau, à la boulangerie (ce que les gens normaux appellent « acheter un gâteau » 😉 ), il aura fallu faire beaucoup de choses avant, et ces choses sont souvent faites par une foule de gens différents !

Il aura entre autre fallu imprimer un billet de 10€, et donc avoir produit le papier du billet (et pour ça, il faut avoir coupé des arbres : en France on en a quelques uns) ; avoir produit l’encre du billet (à l’aide de minéraux prélevés dans des mines partout dans le monde) ; bien sûr avoir fait un gâteau, avec du sucre qui vient par exemple des cannes à sucre de Martinique, et apporté en France par bateau, de la farine faite avec du blé qu’on a cultivé en France, et des œufs pondus par des poules élevées en France. Il aura aussi fallu construire une boulangerie ! Et oui, le simple geste d’acheter un gâteau à la boulangerie suppose que tout le reste a déjà été fait avant !

Donc l’économie, c’est aussi toutes ces activités de récupérer les matières premières (c’est-à-dire les éléments de base pour fabriquer les biens), les activités de les transformer, les assembler ensemble, de vendre le produit final, d’en faire la publicité, etc, etc. Comme vous l’aurez compris, l’économie englobe énormément d’activités humaines, et donc elle englobe aussi les concepts d’emploi, de chômage, d’argent, de pouvoir d’achat… Alors si l’économie va mal, c’est sûrement que beaucoup de choses vont mal !

La crise jusque dans ma boulangerie !! :s | http://1jour1actu.com/
La crise jusque dans ma boulangerie !! :s | http://1jour1actu.com/
Que donner à manger à l’économie pour qu’elle marche bien ?

Juste avec ce petit exemple de la boulangerie (qui est en fait immense si on s’amuse à chercher tout ce qu’il a fallu faire avant de pouvoir acheter un gâteau dans une boulangerie), on peut déjà comprendre plusieurs choses importantes : l’ensemble des activités humaines qui font l’économie a besoin de trois éléments essentiels pour fonctionner [suspense insoutenable].

Bien sûr, il faut des êtres humains : ceux qui font l’échange (le vendeur dans la boulangerie et l’acheteur), mais aussi tous ceux qui travaillent, ou qui ont travaillé, pour que cet échange puisse arriver (l’agriculteur qui récolte le blé, celui qui récolte la canne à sucre, tous les travailleurs de l’entreprise qui a construit le bâtiment qui héberge la boulangerie, tous ceux qui travaillent à l’imprimerie des billets de 10€, tous ceux qui travaillent à la banque qui a prêté des sous pour que la boulangerie puisse lancer son business, et bien d’autres).

Il faut aussi ces fameuses matières premières, qui proviennent toujours des ressources naturelles (par exemple, le papier vient des arbres d’une forêt, les œufs proviennent de poules, les pigments de l’encre du billet proviennent de mines).

Pratique cette machine ramasseuse de canne à sucre !
Pratique cette machine ramasseuse de canne à sucre !

Et enfin, il faut de l’énergie ! Cette fameuse énergie, qui, avant le progrès, provenait surtout des êtres humains, et qui maintenant provient surtout des énergies fossiles. C’est par exemple l’énergie qui permet à la moissonneuse batteuse de fonctionner pour récolter le blé ou la canne à sucre, l’énergie qui permet de faire avancer le bateau qui ramène le sucre, ou les camions qui amènent la farine et les œufs. Ou encore, c’est l’énergie qui a permis de faire tourner les tractopelles et les bétonnières pour construire la boulangerie, ou l’énergie du four de la boulangerie, ou de ses radiateurs pour chauffer en hiver etc. Encore une fois, l’énergie est partout dès qu’on transforme des choses autour de nous.

L’énergie est un peu particulière ici, puisqu’elle provient soit de nous, les êtres humains (lorsqu’on travaille), soit de ressources naturelles telles que les énergies fossiles. On pourrait donc conclure que l’économie a besoin uniquement d’êtres humains et de ressources naturelles, et ce serait vrai. Mais il est intéressant de laisser l’énergie dans une catégorie particulière de ressource, car l’énergie a le pouvoir quasiment magique de ne pas être recyclable (on le verra dans la section Energie).

Et une fois qu’on a bien nourri notre économie, qu’est-ce qu’il en sort ?
Des services bien sûr…

On a passé en revue ce qu’il faut pour que l’économie puisse fonctionner. On peut aussi se demander ce que produit l’économie au final. A quoi ça sert de travailler 40h par semaine et de nourrir cette grosse machine, l’économie, avec tant de matières premières et d’énergie ? L’exemple de la boulangerie va encore nous servir. L’économie aboutit à un échange final important : l’échange du bien ou du service avec la personne qui va « consommer » le bien ou le service. Dans notre boulangerie, le client est celui qui va utiliser le service rendu par le gâteau : nourrir quelqu’un. Donc l’économie produit des services, mais ça on le savait déjà.

Hmm, le bon service de nourrissage !!
Hmm, le bon service de nourrissage !!
… Et tout le reste aussi !

Mais est-ce bien tout ? Et si on essayait de lister tout ce que produit l’économie ? La liste serait en fait très longue. Comme nous l’avons vu, l’économie est un ensemble d’activités humaines qui visent à produire des services (qui seront échangés) : ces activités sont ce qu’on appelle le travail. Et bien en travaillant dans le but de produire un service, on produit bien d’autres choses que ce service. Prenons l’exemple du producteur de canne à sucre, qui vend de la canne à sucre coupée et sans feuilles. Il a donc aussi obtenu des feuilles de canne (en plus des tiges de canne à sucre) dont il doit se débarrasser ou réutiliser, mais qu’il n’échangera pas. Il a aussi (par exemple) produit un champ qu’il traite avec des engrais et des pesticides, alors qu’au départ il n’y avait qu’une parcelle de forêt tropicale. Ou encore, il produit du CO2, ou d’autres gaz qui s’échappent de ses machines, ou qui émanent de ses engrais. Par cet exemple, on voit que le travail, et donc l’économie, transforment l’environnement, en plus de produire un service.

Ces transformations de l’environnement peuvent parfois toucher certaines autres personnes, qui n’ont rien à voir avec l’échange final de la canne à sucre. Par exemple, peut-être qu’une dame venait cueillir des fruits dans la forêt qui était là avant la plantation de cannes à sucre, et elle ne peut plus le faire aujourd’hui puisque la fôret a été coupée. Ou bien peut-être qu’un habitant du coin trouve que les engrais dans cette nouvelle plantation polluent l’eau qu’il boit. Ces effets sur d’autres gens que ceux impliqués dans l’échange sont appelés des externalités. Les deux exemples donnés sont des externalités négatives, car elles embêtent les gens autour. On peut aussi avoir des externalités positives, qui sont sympas pour les gens autour. Par exemple, peut-être que la nouvelle plantation a fait construire une route pour y mener, et que ça a bénéficié à d’autres gens que ceux de la plantation. Ou peut-être que les enfants qui habitent à côté de la plantation sont maintenant contents de pouvoir piquer en douce quelques tiges pour les mâchouiller et récupérer le sucre (je confirme, c’est très bon 😉 ).

Et oui, il y en a qui profitent des externalités positives ! | pixgood.com
Et oui, il y en a qui profitent des externalités positives ! | pixgood.com

Vous le voyez, l’économie est une machine gigantesque (encore un système complexe, comme le climat !), dont tout le monde est acteur (en tant que travailleur, que consommateur, ou les deux), et qui touche tout le monde par les innombrables externalités qu’elle génère. La période de l’histoire que nous vivons est particulière pour l’économie, et c’est pour cela que les théories utilisées actuellement en économie sont de plus en plus remises en cause. Ce qui est nouveau de nos jours pour l’économie, c’est que ces fameuses externalités négatives que notre système économique génère prennent beaucoup (voire trop ?) d’ampleur : l’une de ces externalités majeures, nous l’avons vu dans la section Climat, est le fameux dérèglement climatique. Une autre de ces externalités est ce qu’on appelle la crise économique. Encore une autre externalité forte est notre dépendance aux énergies fossiles, comme nous le voyons en ce moment dans la section Energie.

Bref, il faut garder à l’esprit que certes l’économie nous apporte des services en pagaille et des externalités positives, mais qu’en contrepartie il faut travailler d’autant plus qu’on propose de services, et qu’on subit certaines externalités négatives. Si la contrepartie dépasse les bienfaits, peut-on toujours dire que l’économie est à notre service, ou bien faut-il en conclure que nous sommes au service de l’économie ?

Grâce à quelles énergies le monde d’aujourd’hui change-t-il ?

Les mines de charbon, c’est vraiment du passé ? (Je ne trouve que des photos en noir et blanc)

On a vu à quel point les énergies fossiles ont été importantes dans la construction de notre monde, monde appelé « moderne » justement depuis qu’on sait utiliser efficacement ces énergies. Le « progrès » a commencé avec le charbon en Angleterre, puis il s’est rapidement propagé en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, avec l’utilisation du gaz, du pétrole et (toujours !) du charbon. Mais quand on entend parler du charbon en France, on se dit que ça fait parti du passé. C’est vrai, notre dernière mine de charbon a fermé il y a fort longtemps, en 1988 ! Et il est aussi vrai qu’on n’importe quasiment pas de charbon en France. C’est donc de l’histoire ancienne chez nous… Alors sur quelle énergie repose le progrès de nos jours ? A-t-on réussi à se passer du charbon ? Et des énergies fossiles en général ?

Des mineurs du Nord-Pas de Calais, à l'époque où la France exploitait encore le charbon | http://www.nordmag.com/
Des mineurs du Nord-Pas de Calais, à l’époque où la France exploitait encore le charbon | http://www.nordmag.com/

Commençons par mettre les pieds dans le plat en disant que dans beaucoup d’autres pays, le charbon n’est pas du tout de l’histoire ancienne, c’est même plutôt de l’histoire très moderne. On parle par exemple souvent de la Chine, qui pollue comme jamais elle ne l’a fait, à cause de ses centrales à charbon.

En quelques mots, une centrale à charbon c’est un peu comme une cocotte-minute géante chauffée… au charbon. Et souvenez-vous, sur vos cocottes-minute se trouve un petit élément qui tourne quand la vapeur s’échappe de la cocotte. Et bien pour une centrale, cet élément qui tourne n’est rien d’autre qu’une dynamo qui produit de l’électricité. En bref, une centrale à charbon permet de transformer du charbon en électricité (et au passage, cela émet beaucoup de CO2 et de particules nocives pour les poumons, que les chinois respirent à longueur de journée). Et remarquez qu’avec ce système de cocotte-minute à dynamo, on peut aussi utiliser du pétrole, du gaz, du bois, de l’uranium, ou tout autre chose qui chauffe, pour produire de l’électricité.

La Chine : un mauvais élève ?

Revenons à nos moutons, comment la Chine en est-elle arrivée en quelques années à être l’un des pays les plus pollueurs du monde ? La Chine a économiquement ouvert ses frontières en 1978, suite à la mort de Mao Zedong, et c’est à partir de là que le pays a commencé à se développer à grande vitesse. Sans trop caricaturer, on peut dire qu’en quelques années la Chine a suivi le même développement que l’Europe l’a fait en 150 ans. La grande majorité de la population était rurale, et se retrouve aujourd’hui dans les usines. L’industrie tourne au charbon, l’électricité est produite au charbon. Pour avoir une idée de la taille de ce phénomène, sachez que pendant la seule année 2013, la Chine a installé une capacité à produire de l’électricité au charbon presqu’aussi grande que la capacité totale des centrales nucléaires françaises (environ 400 TWh, pour les connaisseurs) ! 😯

Pékin par beau temps, ahh ce bon air frais ! | http://www.citylab.com/
Pékin par beau temps, ahh ce bon air frais ! | http://www.citylab.com/
Et les autres pays alors ?

On pourrait se dire que la Chine va se moderniser encore plus et donc arrêter d’utiliser du charbon. En fait l’idée que le charbon n’est pas moderne est une idée fausse qu’on a en France. Chaque pays utilise l’énergie qu’il peut utiliser le plus « facilement » possible. Quand je parle de facilité, je parle sans le dire d’argent (ou plus précisément de « rentabilité économique »). Oui, c’est l’argent qui définit en grande partie ce qui est facile ou non (c’est-à-dire pas cher ou cher) pour un pays, et donc ce qui est bon ou non pour ce pays. En Chine, il y a énormément de charbon facile d’accès (c’est-à-dire peu cher pour eux), et tant que cela sera le cas, la Chine continuera à l’utiliser en priorité.

En France, lorsque nos mines de charbon n’ont plus été suffisantes pour produire l’énergie nécessaire pour la croissance désirée pour notre pays, après la seconde guerre mondiale, il a été décidé de construire des centrales nucléaires (qui ont effectivement vu le jour dans les années 1960). Cela s’est fait comme ça car on sentait que produire de l’électricité serait plus cher, et moins sûr, en faisant venir du charbon d’un autre pays plutôt que de faire venir de l’uranium. Pour tout dire, l’utilisation du nucléaire à base d’uranium était aussi un choix stratégique, car la France importait déjà de l’uranium pour fabriquer des bombes.

La Pologne, de son côté, a suffisamment de charbon sur son territoire, si bien qu’elle a toujours utilisé cette énergie pour produire son électricité. Ainsi, là-bas, prendre le train pollue plus que prendre le bus, car l’électricité qui permet au train de rouler est produite avec du charbon, ce qui, au total, pollue plus que le pétrole qui fait rouler le bus. De même, dans ce pays, la voiture électrique pollue plus que la voiture à pétrole 😯 .

La centrale au charbon de Bełchatów en Pologne | Wikipédia
La centrale au charbon de Bełchatów (avec un nom pareil, c’est forcément en Pologne) | Wikipédia

Quant à l’Allemagne, elle a elle-aussi toujours conservé le charbon, abondant chez elle, tout en développant un peu de nucléaire. Suite au tsunami sur la centrale de Fukushima, une décision politique a été prise d’arrêter rapidement le nucléaire en Allemagne. Pour compenser cette énergie en moins, l’Allemagne a développé les énergies renouvelables, principalement le photovoltaïque et l’éolien, mais a aussi ouvert de nouvelles centrales au charbon et au gaz (je reviendrai dans un prochain article sur ces fameuses énergies renouvelables, leurs forces et leurs faiblesses).

Comment les pays choisissent-ils leur énergie ?

En résumé, la manière dont les pays choisissent quelles énergies ils vont utiliser dépend de ce que cela va leur coûter, en fonction de ce qu’ils ont déjà chez eux, et en fonction du prix que leur fera payer le pays auquel ils achèteront l’énergie manquante. Sur ce dernier point, le prix, cela se complique. Le prix dépend de si le pays qui nous vend l’énergie est notre ami, mais aussi de la quantité de cette énergie que veulent les autres pays par rapport à la quantité qu’on est capable de produire dans le monde. Par exemple, la quantité de pétrole qu’a pu obtenir l’Europe baisse depuis 2006, car la Chine, l’Inde, et les autres pays qui se développent rapidement en prennent une part de plus en plus grande 😕 . Enfin, les choix énergétiques d’un pays dépendent aussi, mais de plus en plus rarement, de décisions politiques en fonction de ce que les gens pensent dans le pays (comme en Allemagne, où la population a considéré que le nucléaire était moins bon pour la société que les énergies mises en place pour le remplacer)  ou des intérêts stratégiques du pays (comme le nucléaire en France et aux Etats-Unis, historiquement lié à la bombe atomique).

Encore faut-il avoir le choix de l’énergie qu’on utilise ! Toutes les sources d’énergie ne sont pas équivalentes et ne s’utilisent pas de la même manière. En décrivant l’histoire de la révolution industrielle, on a déjà vu que le charbon ne pouvait pas être utilisé dans de petits moteurs mobiles comme ceux des voitures. Ces dernières se sont développés grâce au pétrole et au gaz. Donc pas de charbon pour faire rouler les voitures ! Ni pour faire voler les avions d’ailleurs. Les pays qui ont du charbon le réservent pour produire de l’électricité, tandis que les pays qui n’ont que du pétrole font rouler leur voiture au pétrole, et en utilisent aussi pour produire de l’électricité (c’est le cas de l’Arabie Saoudite). L’utilisation qu’on veut faire de l’énergie est donc importante dans le choix de l’énergie qu’on achète : avec du pétrole je peux quasiment tout faire, alors qu’avec du charbon je ne peux guère que faire de l’électricité (ou produire de l’acier, mais cela ne fait pas parti des énergies).

Une autre contrainte qui intervient dans le choix des énergies, c’est la facilité qu’on a à les transporter. Le pétrole se transporte facilement par giga-bateaux (les « supertankers »), ou par pipeline. C’est donc une énergie internationale, puisqu’il circule aussi bien sur terre que sur mer. Ainsi, la France achète son pétrole aussi bien à l’Afrique qu’à la Russie, ou qu’au Moyen-Orient. Le gaz est moins pratique à transporter : autant le transport est assez facile par pipeline (qu’on appelle un « gazoduc » pour le gaz), autant par bateau c’est plus compliqué, car il faut liquéfier le gaz (qu’on appelle alors du GNL, Gaz Naturel Liquéfié) pour que le bateau puisse en transporter assez (le gaz prend trop de place à l’état gazeux). Le gaz est donc plus « régional ». Par exemple, celui acheté par la France vient principalement de la mer du Nord, de la Russie, et de la Hollande, mais pas des États-Unis. Quant au charbon, il se transporte beaucoup moins, car il est moins dense en énergie, et ne circule pas facilement sur terre (et non, on n’a pas encore inventé le pipeline à charbon), si bien qu’on préfère transporter le gaz et le pétrole plutôt que le charbon. Depuis la fermeture des mines en France, notre pays n’utilise presque plus de charbon. Pour les plus motivés (et c’est en anglais), voici un schéma qui résume comment sont utilisées les différentes énergies aux Etats-Unis (mais cela illustre bien comment on utilise les énergies dans le monde).

Un cadeau surprise pour le premier qui trouve le supertanker dans cette image !
Un cadeau surprise pour le premier qui trouve le supertanker dans cette image !

Ça donne quoi au niveau mondial ?

Tout cela ne nous dit pas quel est le bilan au niveau mondial. Qui va gagner entre le Vieux Roi Charbonium, Pétrolosaurus Rex, Atomic Man et Gazy L’Impératrice ? Roulement de tambour, tadaaa :

Consommation mondiale d'énergie, répartie en type d'énergie primaire : énergies fossiles en force !! | http://www.tsp-data-portal.org/
Consommation mondiale d’énergie primaire. En rouge le pétrole, en gris le charbon, en vert le gaz, en jaune le nucléaire, et le reste représente les renouvelables. Energies fossiles en force !! | http://www.tsp-data-portal.org/

Est-ce une surprise ? On s’aperçoit que le pétrole, le charbon, et le gaz, sont loin devant tous les autres énergies : loin devant le nucléaire (Atomic Man est battu à plate couture), et aussi devant toutes les énergies renouvelables dont on nous parle tant dans les journaux !

Pourquoi parle-t-on tant des énergies renouvelables et du nucléaire alors qu’en vérité ils ne représentent rien ?

Il faut que ça bouge pour qu’on en parle !

Mon interprétation serait qu’on parle du nucléaire et des énergies renouvelables car il y a du mouvement à leur sujet, ça bouge : suite à Fukushima, l’Allemagne a subitement décidé d’arrêter le nucléaire, alors on en parle et on se demande s’il faudrait faire pareil en France. Quant aux énergies renouvelables, on en entend parler car l’Europe veut en mettre le plus possible dans sa production d’électricité. On voit par conséquent que certains pays européens (dont la France) mettent des éoliennes alors qu’avant ils n’en avaient pas. Bref, on parle de ce qui change, de ce qui bouge, et de ce qui est proche de nous. Parler de ce qui existe déjà, ce n’est pas une « nouvelle », donc ça passe mal au JT ou dans les journaux (la famine en Afrique, c’est important, mais ce n’est pas nouveau, contrairement à Nabilla qui poignarde son copain). Et parler de ce qui est loin de nous, ça ne fait pas d’audimat, car les gens s’intéressent surtout, et c’est humain, à ce qui peut leur servir directement dans la vie (un dangereux tueur en Argentine ne fait pas le même effet dans les journaux que le même tueur à Paris ! Et Nabilla, ou le foot, ça fait de très bons sujets de conversations avec les copains 😉 ).

C’est un sujet tellement important que ça fait peur !

Mais au final, si on va un peu plus loin, on s’aperçoit que personne ne parle du pétrole peut-être aussi parce qu’il reste irremplaçable dans les transports (il y a bien sûr les voitures électriques, mais elles sont encore trop chères pour pouvoir remplacer les voitures au pétrole. On parlera aussi plus tard d’autres problèmes sérieux concernant la voiture électrique, qui laissent penser que l’électricité ne remplacera pas le pétrole facilement), et donc rien ne change à son sujet : tout le monde en consomme toujours autant et en a toujours autant besoin. Seul son prix varie, et c’est de cela qu’on parle un peu au sujet du pétrole.

Personne ne parle du charbon non plus car il n’y en a plus chez nous et ça, ça ne change pas. On en entend parfois parler avec la pollution en Chine, ou l’arrêt du nucléaire en Allemagne, mais c’est assez loin de nous, alors ça ne va pas plus loin. Et enfin, on parle très peu du gaz, malgré la relation entre l’Europe et la Russie, qui repose en grande partie sur le gaz que l’Europe achète à la Russie.

Le sujet des énergies fossiles est tellement important d’un point de vue géopolitique que c’en est un sujet très sensible et délicat à traiter. Et oui, ces énergies représentent plus de 90% de l’énergie consommée dans le monde, et on sent bien que la bonne santé de l’économie, et donc de nos emplois et de notre pouvoir d’achat en dépend grandement ! Les informations à ce sujet peuvent donc être de mauvaises nouvelles pour notre économie, ce dont les grands journaux n’aiment pas trop parler. Avez-vous entendu parler de ce contrat d’achat de gaz par la Chine à la Russie, d’une valeur de 400 milliards de dollars, pour les 30 prochaines années ? 😯 C’est une information très importante, mais aussi très délicate à traiter, car elle concerne notre relation avec la Russie et notre consommation de gaz à tous.

Et oui la Russie fournit 44% de notre gaz européen, vaudrait mieux pas que Poutine ferme le robinet !
Et oui la Russie fournit 44% de notre gaz européen, vaudrait mieux pas que Poutine ferme le robinet ! | http://euromaidanpress.com/

L’utilisation de l’énergie dans le monde est toujours essentiellement basée sur les énergies fossiles, comme au début de la révolution industrielle. On en parle peu, on n’en débat pas, car on a l’impression que le sujet des énergies fossiles ne bouge pas vraiment, et car au fond lorsqu’on commence à y réfléchir, cela fait un peu peur. Cela pose évidemment plusieurs problèmes, qui m’ont d’ailleurs motivé à commencer ce blog : les énergies fossiles ne sont pas renouvelables, et il arrivera un jour où on en aura de moins en moins (ce qui est déjà le cas pour le pétrole et le gaz en Europe par exemple) ; l’utilisation de ces énergies émet du CO2, ce qui dérègle notre climat ; et enfin, les quantités utilisées sont telles que les remplacer par d’autres énergies est une mission impossible à laquelle il faut s’attaquer au plus vite (et pas sûr que Tom Cruise puisse nous aider pour celle-ci…).

Vous trouvez que le monde change vite vous ?

Vous vous êtes sûrement déjà demandé pourquoi le monde était plein de voitures, de camions, de smartphones, d’ordinateurs, de machines à laver, ou d’avions… Pas vrai ? Vous vous êtes aussi peut-être déjà demandé pourquoi tant de gens mangent de la viande à tous les repas, pourquoi les gens s’achètent en moyenne 5 paires de chaussures chaque année, et pourquoi à Noël on reçoit tant de jouets électroniques. Quand j’en parlais avec mes grands-parents, j’étais ébahi de voir que eux, ou leurs parents, quand ils étaient petits, mangeaient de la viande seulement pour les grandes occasions, recevaient des oranges pour Noël, et gardaient leur paire de sabots le plus longtemps possible. A l’époque je me disais que c’était parce que mes grands-parents étaient vraiment très vieux, et avaient donc vécu à une époque très lointaine. Mais maintenant je réalise que ce n’était pas il y a si longtemps que ça. Comment est-il possible que le monde ait changé aussi vite ? 😯

Avant, le monde était un peu « mou »

Mon grand-père m’expliquait que c’était le « progrès ». D’après lui, le progrès était quelque chose de naturel, qui arrivait grâce au génie humain, et qui continuerait à l’infini. Cool la vie quoi ! Mais quand j’ai regardé par moi-même de plus près comment le progrès avait débuté, je me suis aperçu que c’était beaucoup grâce… au charbon ! Bien sûr, et c’est là-dessus que mon grand-père avait un peu raison, l’intelligence humaine a été capable de trouver quoi faire avec ce charbon.

Au début de cette histoire (en 1700), les anglais se chauffaient déjà avec du charbon, mais ils n’en faisaient pas grand-chose de plus. Ils exploitaient le charbon en surface, mais petit à petit ce charbon facile à récupérer commença à manquer en Angleterre. Alors des mines de plus en plus profondes furent creusées. Le problème, c’est que plus elles étaient profondes, plus elles se faisaient inonder par l’eau souterraine. Le tout début du « progrès », ça a en fait été l’invention d’une pompe très basique qui fonctionnait au charbon, et qui servait à vider l’eau des mines. Cette invention est arrivée en 1711 (si vous voulez vous la raconter avec les dates).  Le génie de celui qui a inventé ça a été de trouver un moyen de faire bosser du charbon… à sa place ! 😎 Bon ce n’est pas tout à fait vrai : les mineurs faisaient plutôt travailler des chevaux à leur place pour remonter l’eau, à l’aide de roues à eau. La pompe remplaçait donc les chevaux. D’autres mines voulurent la même chose, si bien que 75 pompes furent installées les cinquante années suivantes (pas très rapide tout ça…).

Comment le monde s’est repris en main (parce que c’est pas bien d’être mou comme ça !)

Evidemment, des gens intelligents ont amélioré la pompe, et d’autres gens intelligents ont trouvé que cette pompe améliorée irait bien avec des roues, et pour que tout ça roule, ils mirent leur invention sur des rails. Cette invention (le premier train) servait à transporter le charbon dans les mines (comme le train de la mine à Disneyland Paris !). Et c’est à partir de ce moment (1803) que tout s’est accéléré. Des rails ont commencé à fleurir hors des mines (non non, pas tous seuls : il a d’abord fallu trouver assez de fer, et de charbon pour fondre le fer et le transformer en rails et en trains). Des gens ont trouvé comment rendre le fer plus résistant, en lui insufflant de l’air brûlant qui passe d’abord dans du charbon (ce qui utilise encore plus de charbon). Puis d’autres gens ont commencé à utiliser le gaz, qu’on trouvait aussi dans les mines de charbon, et qui brûlait très bien. Ils s’en servirent comme carburant pour des moteurs avec des roues, mais qu’ils mettaient sur les chemins cette fois-ci  : la voiture était inventée. Comme le gaz explose, il dégage plus d’énergie et ça permet de faire des moteurs plus petits qui vont sur les chemins et qui sont moins lourds que les grosses locomotives au charbon. Et enfin, d’autres gens se sont aperçu qu’on pouvait aussi utiliser du pétrole dans le même genre de moteurs. Le pétrole était déjà connu à l’époque, mais il servait juste à s’éclairer, dans les lampes à pétrole.

C’est à peu près à la même époque qu’on a commencé à produire de l’électricité. Là encore, le charbon était dans le coup, puisque c’est en le brûlant qu’on faisait tourner les dynamos géantes qui produisaient l’électricité. Bref, on a bau dire que le génie humain a tout fait, il faut quand même rendre un bel hommage à notre ami le charbon, qui nous a filé un bon coup de pouce ! 😉

Le charbon est encore notre ami, on a toujours besoin de lui ! Ici, c'est une mine en Allemagne.
Le charbon est encore notre ami, on a toujours besoin de lui ! Ici, c’est une mine en Allemagne. Regardez le petit bulldozer tout mignon à côté de cette machine !

Le monde change de plus en plus vite !

Alors qu’a-t-on fait de tout ça ? Et bien la première chose, c’est que les agriculteurs qui bêchaient à la main ou à l’aide de leurs bœufs et de leur charrue ont pu les remplacer par des charrues qui fonctionnaient au pétrole (des tracteurs, des moissonneuses-batteuses…). Et là, comme par magie, il y avait trop d’agriculteurs ! Il faut dire qu’à l’époque, deux personnes sur trois travaillaient dans les champs. Avec l’aide du pétrole qui permettait d’aller beaucoup plus vite qu’avec les bœufs, un fermier suffisait pour un grand champ alors qu’auparavant il en fallait plusieurs, et avec leurs bœufs. Petit à petit, quasiment tout le monde arrêta le travail agricole et alla vivre dans les villes. Ces gens se mirent à travailler dans les usines qui produisaient les voitures, mais aussi les habits, et de plus en plus d’objets de la vie de tous les jours : aujourd’hui, seul un français sur trente travaille aux champs ! Bien sûr, les usines fonctionnaient avec de l’électricité produite au charbon, ou bien les machines fonctionnaient directement avec du charbon.

Les villes ont grossi avec l’arrivée de ceux qui n’étaient plus au champ, les usines accueillaient de plus en plus de monde. Il fallait des personnes pour réfléchir à comment coordonner tout ça, à comment améliorer le fonctionnement des usines, à comment mieux concevoir les objets produits etc. Il fallait aussi des gens pour vendre tout les nouveaux produits, pour en faire la pub, pour en faire les emballages,et  pour prêter de l’argent à tous ceux qui voulaient se lancer dans un business… En bref, le charbon a permis de faire passer les gens des champs au bureau ! Si c’est pas un changement énorme ça ! 😯

Ci-dessous un petit résumé en 20s de tous les changements du monde :

Alors, c’est grâce à qui tout ça ?

Comme vous l’avez compris, toutes ces avancées au cours de l’Histoire ont nécessité beaucoup de charbon pour construire les bâtiments, les routes, toutes les machines, puis toutes les usines, les magasins, les camions, etc, qui nous permettent d’avoir beaucoup de services et de consommer beaucoup. Il faut aussi de l’énergie pour alimenter toutes ces machines, ces bâtiments, etc, au jour le jour. Cette énergie venait du charbon au départ, puis de plus en plus du pétrole (pour faire rouler les voitures et voler les avions) et du gaz (pour faire de l’électricité). Ce trio magique (charbon, gaz, pétrole), on les appelle « les énergies fossiles », car ils sont formés à partir d’êtres vivants des temps anciens qui sont morts et se sont décomposés et transformés d’une manière particulière, comme des fossiles.  Sans ces énergies, nous en serions toujours à bêcher nos champs à la force de nos bras et de nos boeufs, et à nous chauffer au bois !

La magie du charbon, du gaz, et du pétrole, c’est qu’ils donnent beaucoup d’énergie en comparaison à ce qu’on avait avant, et, en plus, il la donnent plus vite. Pour bien se rendre compte de l’énergie qu’ils contiennent, il faut se dire qu’un litre de pétrole permet à nos voitures de parcourir en gros 20 km. Oui oui, une bouteille de 1L de pétrole permet de remplacer un type qui pousse une voiture sur 20 km ! Plutôt efficace hein ? 😯 On dit que ces énergies sont très « concentrées » (c’est-à-dire qu’une petite quantité de charbon, de gaz, ou de pétrole, donne beaucoup d’énergie). C’est grâce à cela qu’on a pu imaginer des machines qui les utilisaient, et qui étaient bien plus fortes que les hommes. Ces énergies ont ainsi progressivement remplacé les hommes et les animaux dans l’agriculture, dans le transport, et dans les usines. Elles ont aussi permis de remplacer les femmes dans les foyers, grâce à la machine à laver, et aux robots ménagers de tous types. Et la liste des changements qui sont arrivés grâce aux énergies fossiles est sans fin.  Certains font même l’hypothèse que l’esclavage a été aboli en Europe et aux Etats-Unis (entre 1815 et 1865) parce que ce n’était plus rentable face aux énergies fossiles ! Presque tout dans notre monde moderne a été façonné par les énergies fossiles, et presque tout a besoin d’elles pour fonctionner.

Un tracteur à Cuba, pays en manque de pétrole à cause de l'embargo américain...
Un tracteur à Cuba, pays en manque de pétrole à cause de l’embargo américain… Faut faire travailler les muscles !

Au final, si on regarde qui bosse vraiment pour créer du « progrès », on s’aperçoit que c’est beaucoup le charbon et les autres énergies fossiles. D’ailleurs, en science, dès que quelque chose change, on dit que de l’énergie a circulé, et c’est d’ailleurs comme ça qu’on définit l’énergie : l’énergie, c’est ce qui circule quand on observe un changement. Par exemple, quand je roule sur mon vélo, mon vélo et moi changeons d’endroit. C’est en fait l’énergie des aliments que j’ai mangé et l’énergie de l’air que je respire qui se transforme en énergie musculaire, puis en vitesse. L’énergie circule donc des aliments et de l’air, vers mes muscles, puis dans le vélo.

Le génie humain est finalement là pour trouver comment faire des changements autour de nous, mais en utilisant autre chose que l’énergie de nos propres muscles. Le génie a donc libéré du temps à ceux qui faisaient travailler leurs muscles toute la journée… par exemple pour qu’ils (et elles) finissent devant un ordinateur ! Est-ce du progrès, comme le disait mon grand-père ? Ceci est une vaste question philosophique, sur laquelle vous aurez sûrement votre propre avis 😉

Introduction à la psychologie du climat (Waa le titre stylé)

Hé, t’as compris la partie sur Le Climat toi ? :roll:

Suite à la lecture des articles sur le climat, je vous propose une petite pause, parce qu’on a fait un grand pas : il n’est pas donné à tout le monde de faire le lien entre acheter un iPhone (ou manger du bœuf) et le dérèglement climatique 😉 . En fait, la partie climat de ce blog nous a fait prendre conscience de certaines conséquences de nos comportements. Et ça, je pense vraiment que ça nous rend un peu plus libre (et c’est aussi pour ça que j’écris pour vous 😉 ) ! Cette idée de liberté me paraît importante, et voici comment je l’expliquerais à l’aide d’un exemple de la vie de tous les jours :

Imaginons que j’aime beaucoup embêter le gros Bobby à la récré, mais qu’à la fin de la récré, il me casse toujours les dents parce qu’il en a marre. Si je n’arrive pas à comprendre le lien entre l’action  d’embêter Bobby et le fait de me faire casser les dents, et bien je n’arrive pas à me retenir d’embêter le gros Bobby… et je me fais encore casser les dents (et mon dentiste se frotte les mains). Par contre dès que je fais le lien entre les deux évènements (Eurêka ! 💡 ), alors je peux décider de me retenir et de ne plus manger mes dents à la récré.

Faut pas embêter Bobby !
Faut pas embêter Bobby !

Eurêka !!

Même si un lien existe entre nos comportements (embêter Bobby) et leurs conséquences (aïe mes dents !), il n’est pas sûr qu’on comprenne ce lien. On peut ne pas le voir, ne pas le ressentir, bref, ne pas comprendre la situation.

L’expérience…

Dans le cas de Bobby, il est facile de comprendre qu’il se venge car je l’ai embêté. Mais ma capacité à faire ce lien dépend clairement de si Bobby me casse les dents à chaque fois que je l’embête ou non (si à chaque fois que je l’embête il me frappe, je vais vite comprendre), et de s’il me casse régulièrement les dents sans que je ne lui ai rien fait (ba oui, s’il me frappe que je l’embête ou pas, je ne vais pas me dire que c’est le fait de l’embêter qui le mène à me frapper 😕 ). Faire le lien dépend aussi du temps qui s’écoule entre le jour où j’embête Bobby et le jour où il se venge (s’il attend l’année suivante pour se venger, j’ai vraiment du mal à me souvenir que c’est parce que je l’avais embêté l’année précédente !). Ces deux facteurs (la probabilité que la conséquence de mon action se produise, et le temps qui s’écoule entre mon action et ses conséquences) sont valables pour tous les êtres humains, et tous les animaux. Ce sont deux facteurs universels pour expliquer comment les animaux font le lien entre leurs actions et les conséquences de leurs actions.

Ce lien entre action et conséquence, c’est exactement ça qu’on appelle le « lien de causalité », ou le « lien de cause à effet » ! Si, quand j’embête Bobby, la probabilité qu’il me casse les dents peu de temps après, augmente (bien sûr, comparé à si je ne lui avais rien fait de spécial), alors mes neurones « se connectent », et je fais un lien entre les deux événements. Un scientifique dirait qu’il y a un lien de causalité entre les deux, et moi je dirais « J’ai compris ! 😎 ». On peut même ajouter que j’ai compris par mon expérience personnelle, car c’est moi qui me suis pris les coups !

…Ou l’éducation

Pour réussir à comprendre ce lien, on peut aussi se le faire expliquer par quelqu’un d’autre qui l’a déjà compris. Par exemple, mon copain de récré Kévin peut m’avertir que la dernière fois qu’il a embêté Bobby il s’est pris une raclée. Il peut aussi m’avertir par écrit, avec une subtile boulette de papier en cours de maths. Ou encore, il peut l’écrire sur son blog (et oui, je m’inspire de mon pote d’enfance Kévin, quand je me lance dans un article 😉 ) ! Ainsi, dans ce blog, j’espère au moins vous apporter la liberté de révéler certains liens entre nos comportements et leurs conséquences. Parfois, ces liens sont lointains, difficilement visibles au premier coup d’œil, et pourtant ils ont une grande importance pour notre futur ! Quand j’ai compris un lien grâce à quelqu’un d’autre (par l’oral ou par l’écrit), je dis que j’ai compris par l’éducation, et donc sans me prendre les coups :) .

http://www.tnooz.com/article/where-do-travel-startup-ideas-come-from/
J’étais mimi à l’époque, quand je comprenais quelque chose ! :)

Les adultes responsables…

Quand j’étais gamin et que j’embêtais Bobby, les adultes disaient que je n’avais pas une conduite très responsable. Forcément, c’était parce que je n’avais pas bien compris la conséquence de cet acte ! Les adultes, très sages (et la loi) disent qu’on est responsable quand, justement, on comprend les conséquences de nos actes, et donc qu’on a la liberté de choisir quoi faire en sachant ce que cela va produire. Parfois, nos choix sont difficiles à prendre. C’est le cas du choix que nous avons concernant le climat : continuer de consommer du bœuf, de prendre l’avion, ou bien avoir un climat sympathique dans le futur ? Dans cette situation là, les sages adultes répondent calmement « Il faut que tu te fixes des priorités, si tu veux réussir dans ta vie : qu’est-ce qui est plus important pour toi ? ». Et oui, après nous avoir responsabilisé, les sages adultes vont encore plus loin en nous poussant à aller vers la bonne décision pour nous sur le long terme. Même si nous avons compris le lien entre nos comportements et leurs conséquences, il n’est pas si facile de faire le meilleur choix pour le long terme. Les prochains articles parleront de ce palpitant dilemme !

Alors, on se bouge ?? Heu… Qui ça, « on » ?

Vous avez sûrement déjà vu à la télé, ou entendu parler, des conventions sur le changement climatique. La plus connue, c’est celle de Kyoto, qui a donné le fameux protocole de Kyoto. L’année prochaine, en 2015, le France sera la grande star du climat, car la convention annuelle se tiendra à Paris :) … Et comme les chercheurs sont de plus en plus sûrs que notre climat va s’énerver très sérieusement, ils disent qu’il faut vraiment, mais alors vraiment, faire quelque chose de grand pour ralentir le changement climatique.

La dernière convention climat en date (2013), à Varsovie | Wikipedia
La dernière convention climat en date (2013), à Varsovie | Wikipedia

Les hommes politiques vont nous sauver ! :)

L’idée de ces « conventions climat », c’est que les pays du monde entier se réunissent, s’asseyent autour d’une table, et essayent de trouver des solutions pour limiter le changement climatique. C’est déjà bien de voir que la majorité des pays ont conscience qu’il vaudrait mieux ne pas trop jouer avec le climat, et qu’ils écoutent un minimum les chercheurs. Nos politiques savent bien que le changement climatique peut devenir un gros problème, et c’est un bon point. Par contre, à chaque fois, on a l’impression que leur réunion cafouille, qu’ils ne sont pas capables de se mettre d’accord, et qu’au final ça ne donne rien. Alors on en conclut que nos politiques sont incompétents, ou alors on dit que c’est à cause de la Chine et des Etats-Unis qui veulent toujours plus polluer sans jamais rien payer, qui ne veulent pas faire d’effort…

Heu moi, faire un effort ??

Effort, effort… 😕 Tiens, qui a parlé d’effort ? Oui, on a toujours comme l’impression qu’il faut faire un petit effort pour émettre moins de CO2… C’est un peu comme quand ma maman me disait toujours d’éteindre la lumière quand je sortais d’une pièce : finalement c’était un effort (OK, un petit effort, mais quand même !). Cet effort, on a aussi commencé à le deviner quand je suis allé acheter mon ordi à la FNAC… Revenons là-dessus : on avait dit que lorsque j’achetais un ordi, c’était comme si j’avais déjà émis 1000 kg de CO2 dans l’atmosphère. On avait aussi dit que presque tout ce qu’on consommait émettait du CO2 dans l’atmosphère. A ce moment, on n’avait pas insisté là-dessus, parce qu’on ne se doutait pas encore que c’était la cause principale du changement climatique. Mais maintenant, on dit que si on veut limiter le changement climatique, il faut consommer moins…

Consommer moins…

Comment ça moins ? Et moins de quoi.. ? De tout ?? Alors il faudrait manger moins par exemple ?? :roll: Et bien la question n’est pas si bête.

Le grand méchant CO2

Et si produire de la nourriture émettait beaucoup de CO2 ? Déjà, on sait qu’il faut de gros tracteurs (au pétrole) pour labourer, pour semer les céréales dans les champs, puis pour les récolter. Il faut aussi des camions pour les amener là où elles seront mangées. Mais ce n’est pas tout ! Pour l’instant, je n’ai parlé que du grand méchant CO2, mais vous savez sûrement déjà qu’il existe d’autres gaz qui augmentent l’effet de serre. Le CO2, et tous ses amis qui eux aussi font augmenter l’effet de serre de l’atmosphère, sont appelés les « gaz à effet de serre » (bien trouvé, non ? 😉 ).

Dark N2O et Lord Voldeméthane

Il se trouve que lorsqu’on met des engrais dans les champs, cela dégage un gaz à effet de serre puissant (300 fois plus « déréglant » pour le climat que le CO2 !), le « N2O ». Mais là encore, ce n’est pas tout, car il existe un troisième gaz à effet de serre primordial dans l’agriculture : le méthane. Vous savez, celui que les bovins émettent gracieusement tout au long de leur vie ! Ce gaz est 24 fois plus « déréglant » pour le climat que le CO2, et les bovins en émettent beaucoup pendant leur digestion. Pour chaque aliment, on peut faire un bilan des gaz à effet de serre émis, et on s’aperçoit que certains aliments dérèglent beaucoup le climat, et d’autres peu… Tout dépend de ce qu’on mange ! Reprenons l’exemple d’un bœuf. Pour avoir un beau bœuf de 900 kg, il faut le nourrir avec 15 fois plus de céréales que son poids en viande (c’est-à-dire 13 tonnes et demi de céréales !). On voit donc que manger un kilo de bœuf participe au moins 15 fois plus au changement climatique que manger 1 kilo de céréales… Et la, ça commence à compter ! Si en plus on compte le méthane que notre bœuf émet, ça ajoute plus de 2 fois l’effet de serre d’uniquement cultiver les 13 tonnes de céréales ! 😕 Donc on peut dire que oui, manger du bœuf participe au changement climatique…

Ou plutôt, consommer différemment

Rassurez-vous, on pourra toujours manger, mais pas forcément comme on le fait aujourd’hui. En fait, pour chaque aliment, on peut faire des mesures et des calculs pour voir combien sa production émet de gaz à effet de serre. En comparant les émissions de différents aliments, on peut facilement voir ce qui participe vraiment au changement climatique, et ce qui ne participe pas beaucoup (regardez le beau graphique ci-dessous qui montre la quantité de gaz à effet de serre émis pour produire un kilo de chaque aliment). Par exemple, on voit que partager un kilo de rôti de veau avec des amis émet autant d’effet de serre que 180km en voiture (le veau est le pire du pire, mais ça fait quand même beaucoup) !

On part en Normandie ou on se fait un bon rôti de veau ? | http://www.manicore.com/
On part en Normandie ou on se fait un bon rôti de veau ? | http://www.manicore.com/

Le courage politique au XXIème siècle

Donc là, on commence à deviner que vraiment tout ce qu’on consomme participe aux émissions de gaz à effet de serre… J’en profite pour revenir à ma question initiale : est-ce que ce sont vraiment nos hommes politiques qui sont mauvais, ou bien est-ce qu’ils ont compris que dans le fond, s’ils décident pour nous, lors d’une convention climat, qu’il faut prendre soin de notre climat, alors ça va changer une grande, que dis-je, une énorme partie de notre vie ? Je pense que s’ils prenaient ce genre de décision entre eux, on ne serait pas forcement contents, après coup, de voir ce que ça voulait dire dans la réalité de nos vies… Parce que oui, en regardant les deux exemples que j’ai donnés (l’ordi, et le bœuf), on voit que si les politiques décident de réduire le émissions de CO2 des français, alors il va falloir d’une manière ou d’une autre nous empêcher d’acheter trop d’ordis, et nous empêcher de manger trop de bœuf !

Et clairement, on n’aime pas trop quand on nous empêche de faire des choses, pas vrai… Et quand on n’aime pas trop ce que les hommes politiques nous imposent, on fait des manifestations, et on ne les réélit pas 😉 . Et voila, vous comprenez maintenant pourquoi les conventions sur le changement climatique cafouillent toujours, et continueront de cafouiller pendant longtemps ! Tellement longtemps qu’il ne faut certainement pas compter sur les conférences internationales pour aider notre climat à ne pas dégénérer, pas même la fameuse conférence à Paris en 2015… Ce que je crois, c’est que nos hommes politiques ne se bougeront que quand ils verront qu’on se bouge de nous même. Ça s’appelle le courage politique moderne 😉

Préavis de grève de notre climat

Le climat, c’est un peu comme la météo non ?

J’ai déjà raconté ici que les chercheurs en climat prévoyaient des événements un peu plus précis que juste une augmentation de température moyenne de l’atmosphère. En 2001, ils prévoyaient pas mal de choses qui sont déjà en train d’arriver. Attention, quand je dis prévoir, c’est plutôt donner les grandes tendances. D’ailleurs, que peuvent nous apprendre les chercheurs en climat ?

Le climat, c’est voir les choses en grand, et sur la durée

En gros, ce que les chercheurs peuvent nous dire avec assurance pour le moment, ce sont des phrases du genre « les ouragans seront plus puissants dans 20 ans qu’aujourd’hui ». Ils ne sont pas capables de dire « le 12 juin 2025, il fera 3°C de plus que le même jour en 2008 ». Pourquoi ? :roll: Parce que cette phrase est très précise sur l’instant de l’événement (c’est un jour précis). Les chercheurs en climat ne peuvent avoir des idées que sur une année complète ou sur une saison au moins. Par exemple, ils peuvent dire « en moyenne, l’année 2025 sera plus chaude de 2°C que l’année 1990 ». De même, ils ne peuvent pas nous éclairer sur ce qu’il se passera dans un endroit précis. Les chercheurs ne peuvent nous donner pour le moment que des informations utiles sur de grandes régions du monde, et sur de longues périodes de temps, par exemple « sur tous les continents, il y aura plus de vagues de grande chaleur en 2023 qu’en 2014 ». C’est la différence entre la science du climat et la science de la météo.

Justement, j’entends souvent les gens me dire qu’il est impossible de prévoir le climat dans 2 ans parce que même les pros de la météo sont incapables de prévoir la météo dans 15 jours. Frais ou veau ? Heu pardon : vrai ou faux ? 😛 Un exemple pour vous faire comprendre la nuance entre la météo et le climat : je peux prédire, et être sûr de moi, que dans 2 ans, le mois de juillet en France sera plus chaud en moyenne que le mois de décembre (bon ok c’est pas un scoop!). Et pourtant je suis incapable de prédire la météo précise à Paris le 14 juillet 2016 ni le 25 décembre 2016.

En gros, la base de la base de la science du climat, c’est de s’apercevoir qu’en Europe il y a quatre saisons qui reviennent régulièrement (chaque année). Je suis incapable de prédire la météo de l’année prochaine, mais je sais bien à quelle période il faudra que je plante mes tomates pour avoir plus de chances qu’elles poussent bien (de mi-avril à mi-mars, comme chacun sait 😉 ). Et ceci est possible parce que, dans les grandes lignes, j’aurai le même climat que les années d’avant. Les gens curieux ont essayé de comprendre pourquoi ça se passait comme ça, puis l’étude du climat est devenu une science. La météo, c’en est juste une autre 😉 .

Mais quand Martine va-t-elle devoir planter ses tomates, avec toutes ces saisons ?
Houla, mais quand Martine va-t-elle devoir planter ses tomates, avec toutes ces saisons ?  :S
Pourquoi des gens se cassent la tête à étudier le climat, au lieu de siroter des mojitos sur la plage ?

Comme vous pouvez le voir, les prédictions sur le climat ne paraissent pas très précises au premier abord, et on peut se dire qu’on ne va pas en faire grand chose… C’est vrai quoi, avec ce genre de phrases sur des moyennes, je ne peux pas savoir si chez moi, sur ma maison, il y aura une grosse tempête l’année prochaine, et donc je ne sais pas s’il faut que je renforce ma toiture… En fait, ça peut être très utile, même si ce n’est pas ultra précis (déjà, ça permet de savoir quelle époque de l’année est la meilleure pour visiter l’Argentine par exemple). Et puis la science du climat permet de sentir comment le climat change, et ça permet de voir si ça nous plait ou pas. Et comme ce sont nos activités qui créent le changement climatique, on a la chance de pouvoir choisir si oui ou non on continue comme ça !

Le climat va-t-il se mettre en grève ?

Comme on l’a déjà vu, ce ne serait pas une bonne nouvelle du tout si notre climat se mettait en grève.

Alors que prévoient les chercheurs, au juste ? On va rester du côté de chez nous pour répondre : en France, ils prévoient que les tempêtes seront plus extrêmes, et qu’il y en aura plus souvent ; ils prévoient qu’il pleuvra globalement plus en hiver, et moins en été ; et ils prévoient aussi plus de vagues de canicule 😕 .

Le cycle de l’eau bosse de plus en plus…

Mais au lieu de faire un catalogue précis de ce que les chercheurs prévoient, essayons de comprendre d’où ces prévisions viennent. L’idée principale derrière ces prévisions, c’est que le cycle de l’eau sera plus intense et plus rapide. Vous vous souvenez du cycle de l’eau, qu’on apprenait en primaire ? Le petit dessin qui montre comment l’eau s’évapore des océans et des terres, puis qu’elle forme des nuages, puis que les nuage pleuvent ou neigent, et que l’eau retourne sur la terre, puis dans les océans, lorsque la neige fond et que tout part dans les rivières. Et bien ce sera le même dessin, sauf que les flèches de l’évaporation seront beaucoup plus grosses, et que la pluie sera beaucoup plus grosse aussi.

Haa, les bons souvenirs de primaire : le cycle de l'eau :)... Ca me donne soif !
Haa, les bons souvenirs de primaire : le cycle de l’eau :)… Ca me donne soif !
Et au final c’est notre service climatique gratuit qui se met en grève !!

Et finalement, c’est logique : avec l’effet de serre, il y aura plus de rayons qui frapperont les terres et les océans, et donc il y aura plus d’eau qui s’évaporera dans l’atmosphère. Dans les zones sèches où l’eau s’évaporait déjà beaucoup, elle s’évaporera encore plus, et il y aura plus de sécheresses. Dans les zones humides où il pleuvait déjà beaucoup, les pluies seront encore plus grosses parce que plus d’eau se sera évaporée des océans et des continents. Et c’est pareil pour les saisons : en été, il fera encore plus sec, et en hiver, on aura plus d’inondations. C’est un peu comme si les inégalités climatiques se creusaient 😕 .

Bon tout ça ne présage rien de bon… Les chercheurs nous annoncent des choses pas forcement très joyeuses, et on commence à voir, autour de nous et aux infos, que ce qu’ils annoncent commence déjà à se ressentir. On sait aussi que si on décide d’arrêter tout ça, il faudra plus de 150 ans avant que ça se calme… Mais de l’autre côté, on peut se dire que continuer comme si de rien n’était ne ferait qu’empirer les choses. Alors que faire? Toutes ces infos donnent l’impression qu’il vaut mieux ralentir le changement climatique. Mais est-ce si facile ?

Moi mon climat, je l’ai eu gratos!

Pourquoi je parle autant du climat dans ce blog, alors que c’est sensé être un blog sur l’avenir du monde ? :roll: Ha, en voilà une bonne question ! Ba oui, c’est vrai, le climat a toujours existé et il est plutôt sympa avec nous dans pas mal d’endroits quand même. Cool quoi le type…Mais il est tellement cool qu’on ne le remarque même plus ! Alors pourquoi lui prêter attention ? Déjà il commence à nous « poker » un peu (Hé psst, je suis là !). Mais on a aussi beaucoup à gagner à se rendre compte de ce qu’il est vraiment pour nous et de ce qu’il nous apporte.

Le climat, un service gratos !

Nos maisons ne sont pas trop loin d’endroits où des plantes peuvent pousser pour manger, et ne sont pas dans l’eau. Si la situation change et que rapidement les plantes ne poussent plus, ou que nos maisons sont régulièrement inondées, alors les habitants vont devoir laisser leur maison pour aller vivre ailleurs, où on les accueillera plus ou moins bien. Tout ça pour dire que le climat, on n’y pense pas tant que tout va bien, mais on se rend compte quand il pète un plomb que c’était une partie de notre vie très importante. Certains experts disent que le climat est un « service naturel ». C’est pas faux si on y réfléchit : la bonne température est là gratuitement, la bonne quantité d’eau aussi, la bonne vitesse de vent, pas trop d’orages, pas trop de grêle, etc.

Mais si jamais le climat change trop vite, alors les services peuvent disparaître ou se déplacer rapidement, et le reste ne suit pas forcément (les plantes, nos maisons, nos routes, etc ne bougent pas très vite…). C’est ce qu’il se passe dans Interstellar d’ailleurs (le bon climat est parti et c’est un climat de tempêtes de poussière sèche qui a pris le relais… Bof bof quoi), au point que même les américains ne peuvent plus sauver la planète, c’est dire !! 😛 L’extinction des dinosaures est aussi due à un changement climatique, causé par des poussières dans l’atmosphère qui ont diminué la quantité de rayons du Soleil atteignant la Terre (mais cette fois-ci, les américains nous sauvent la mise en réussissant à ressusciter les dinos, dans Jurassik Park. Ouf !). Bref, un changement de climat peut avoir de grosses conséquences.

Hou la belle tempête de sable ! C'est pas dans Interstellar, c'est à Ryad en vrai | http://www.paperblog.fr/
Hou la belle tempête de sable ! C’est pas dans Interstellar, c’est à Ryad en vrai | http://www.paperblog.fr/

Et si le climat faisait grève…?

Si ce service naturel ne fonctionne plus correctement, c’est comme quand la SNCF fait grève pendant les vacances : ça fiche la pagaille dans tous nos plans. Comme la SNCF est sympa, elle nous dit à l’avance quand aura lieu la grève, où, et quelle importance elle aura. Et rien que ça, ça nous aide bien, on peut s’organiser différemment, on peut adapter nos plans, décider de décaler nos vacances, de partir ailleurs, ou de rester au coin du feu. Mais bon c’est quand même la galère… Le top du top, c’est quand la SNCF nous explique pourquoi ses cheminots vont faire grève. Parce que là, on peut même éviter carrément la grève en faisant ce qu’il faut pour stopper le mécontentement des cheminots. Si leurs raisons de faire grève n’existent plus, la grève est annulée, et à nous les belles vacances (en train 😉 ). Tout ça pour dire que mieux on comprend la grève, plus on est capable de s’y adapter, ou même de l’éviter complètement ! Le climat, c’est la même chose : mieux on le comprend, mieux on sera capable de s’adapter s’il change (les chercheurs appellent ça l’adaptation au dérèglement climatique, logique). Encore plus fort : si on comprend pourquoi notre climat aurait envie de faire grève, on pourrait tout simplement éviter la grève totale. C’est ce que les chercheurs appellent la mitigation du dérèglement climatique (Houla, ça c’est encore un mot anglais 😕 . Ça veut dire « atténuation » en français 😉 ). Savoir si le climat a envie de faire grève, c’est un autre sujet duquel je parlerai dans un autre post :)

Vous l’avez bien compris, il est très utile de comprendre le climat pour être capable de s’y adapter, et pour l’amadouer s’il le faut. Ca permettrait d’éviter de se refaire une petite partie d’Interstellar version réalité… 😕

Pourquoi maintenant, et pendant combien de temps ?

On a vu que le climat a commencé à changer doucement, en apparence depuis 1910. On a aussi dit que tout ça, c’était dû à nos émissions de CO2 quand on brûle du charbon, du pétrole, ou du gaz. Sauf que l’utilisation du charbon dans les trains et les usines a commencé vers 1840 à grande échelle, lors de la « révolution industrielle ». C’est 70 ans avant que le climat ne commence « officiellement » à bouger !

Le climat en pièces détachées

Le climat serait-il si lent à réagir ? 😕 Et oui… Le temps que le CO2 s’accumule dans l’atmosphère, et donc qu’il amplifie suffisamment l’effet de serre, puis le temps que tout le « système climatique » réagisse, il faut au moins cette durée. Le « système climatique » ?? Pff, encore un mot pompeux de scientifique ! Voici quelques explications pour s’en sortir quand même :

C’est quoi un vélo..?

Allez, un tout petit peu de théorie pour commencer : un système, c’est plusieurs éléments qui interagissent ensemble pour donner un comportement, compréhensible plus facilement que si on regardait juste les éléments du système un par un. Je m’explique : si je montre un vélo pièce par pièce à quelqu’un qui n’a jamais vu un vélo entier, et que je lui raconte comment est placée chaque pièce sans lui montrer le résultat final, le type va avoir beaucoup de mal à voir que ça sert à s’asseoir dessus et à rouler. Par contre si je lui montre tout monté et que je lui laisse le temps de jouer avec, il y a plus de chance qu’il comprenne comment ça marche.

Heu... A quoi ça sert déjà ton machin ? | http://velosvintage.over-blog.com/page/5
Heu… A quoi ça sert ton machin ? | http://velosvintage.over-blog.com/page/5
C’est quoi un climat..?

Le climat, c’est un peu pareil. Pour se faire une idée des « pièces détachées » du climat, il faut penser à tout ce qui peut modifier l’atmosphère (ce qui réchauffe/refroidit l’air, ce qui y ajoute de l’eau, du CO2, d’autres éléments, ce qui met l’air plus ou moins sous pression, etc). Par exemple, moi, je modifie l’atmosphère quand je respire (du coup, tout le temps, en fait 😉 ). Mais je ne compte pas pour beaucoup.

Ce qui compte vraiment, c’est d’abord comment le soleil réchauffe l’atmosphère (donc s’il est « en forme », et comment la Terre se situe par rapport  à lui). Il y a aussi les océans (qui absorbent beaucoup des rayons du soleil, qui absorbent du CO2…), la végétation (qui en absorbe aussi, et qui influe sur la quantité d’eau dans l’atmosphère), les volcans (qui obscurcissent le soleil, souvenez-vous de la crise de ce cher Eyjafjallajökull en Islande 😉 ), et encore d’autres éléments. Et tout ce petit monde s’amuse ensemble, et si je veux comprendre ce qu’il va se passer globalement entre eux, je ne peux pas me contenter de regarder les éléments un par un, il faut aussi que je comprenne comment ils interagissent !

Dynamique et thermodynamique du Climat, Didier PAILLARD, Corentin HERBERT
Le climat en personne !

Le climat, pas vraiment une flèche…

Bon, revenons à nos moutons, sur la lenteur du « système climatique ». En fait, c’est que les océans réagissent lentement : il leur faut du temps pour qu’ils se réchauffent, et donc pour qu’ils modifient le climat (on voit que l’océan met beaucoup plus de temps à se réchauffer que l’air quand on est en vacances à la plage : c’est vers fin août que l’eau est la plus chaude, et pas encore en plein juillet. Et je ne vous raconte pas, c’est encore plus lent pour les eaux profondes !).

On réchauffe lentement…

Cette lenteur des océans joue beaucoup sur le temps que met le climat à réagir à tout le CO2 qu’on déverse dans l’atmosphère. L’idée, c’est qu’en augmentant l’effet de serre par nos émissions de CO2, on renvoie plus de rayons vers la surface de la Terre. Donc, on en renvoie plus vers les continents, mais aussi, évidemment, plus vers les océans. Les océans se réchauffent lentement, parce que la quantité d’eau à chauffer est très grande, et parce qu’ils sont « lents » à réagir à la chaleur. D’autre part, ils sont plus étendus que les continents. Au final, beaucoup de rayons dus à l’effet de serre servent à réchauffer l’océan, et ce n’est que plus tard, lorsque les océans ont été suffisamment réchauffés, que leurs mouvements sont modifiés et qu’ils retransmettent leur chaleur à l’atmosphère. Pour toutes ces raisons, le climat est une machine très lente, c’est pourquoi on ne commence à ressentir le changement climatique que maintenant…Et on ne ressentira le changement dû à ce qu’on émet aujourd’hui que dans 20 ou 30 ans ! :roll:

Mais pour refroidir, ça va être encore plus lent !!

Et dans l’autre sens (si jamais on veut « refroidir » le climat), c’est encore pire ! Parce qu’autant on peut mettre très rapidement dans l’atmosphère beaucoup de CO2 (on en a plein dans le pétrole et le charbon, et il suffit de les faire brûler), autant personne n’a jamais inventé une machine qui récupérerait du CO2 qui s’est brassé dans toute l’atmosphère autour du globe…

Nos technologies pour récupérer le CO2 déjà émis…
Hoo, le belle technologie récupératrice de carbone ! :P
Hoo, le belle technologie récupératrice de carbone ! :P

En fait si, une telle machine existe déjà et s’appelle… un arbre qui grandit (en fait, toutes les plantes qui grandissent jouent ce rôle. Et plus elles sont « touffues », plus c’est qu’elles ont récupéré de CO2). Et oui, un arbre qui grandit, c’est du CO2 qui est pris dans l’atmosphère et qui est fixé dans l’arbre. Mais on émet tellement de CO2 que nos arbres et nos plantes ne suivent pas la cadence. On a une seconde machine magique qui fonctionne pour nous gratuitement pour enlever un peu de CO2 de l’atmosphère, ce sont les océans. Nos océans cherchent à équilibrer le CO2 entre l’air et eux-mêmes : s’il y a trop de CO2 dans l’air par rapport à ce qu’il y a dans l’eau, et bien l’eau rééquilibre en en prenant une part… Mais l’océan ne récupère seulement qu’une part du CO2, pas plus ! Ensuite, tant que le CO2 est dans l’air, il continue tranquillement à « effet-de-serriser » l’atmosphère. En gros, au bilan, si les arbres continuent de bien fonctionner, et les océans aussi, on se dit qu’il faut à peu près 200 ans pour qu’une tonne de CO2 que j’émets disparaisse de l’atmosphère. Si vous avez tout suivi, le CO2 qu’on balance maintenant dans l’atmosphère va continuer à changer le climat jusqu’à nos arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petits enfants. Bref, c’est un peu important comme truc ! :roll:

Qui *ose* toucher à mon climat ??

Quand je parle de changement climatique autour de moi (oui ça m’arrive, par exemple quand je sors en T-shirt début novembre à Paris 😯 ), certains me disent que oui, il y a un changement climatique, mais que de toutes manières les êtres humains on n’y est pour rien, alors il n’y a rien à faire. En fait, ce serait la nature, qui aurait soudain décidé de changer de climat, vers l’année 1910 (c’est à ce moment qu’on commence à voir la température globale qui augmente. Je mets la courbe du GIEC, c’est juste pour voir que ça grimpe).

Courbe giec

Evidemment, ceux qui me disent que la nature a décidé ça toute seule ne savent pas bien pourquoi la nature aurait choisi de faire ça, et pourquoi à ce moment-là (et en général ils s’en fichent d’ailleurs). Mais ils se disent qu’il y tellement de choses qui influent sur le climat qu’il doit être facile d’en trouver une à laquelle les chercheurs n’ont pas encore pensé (élémentaire mon cher Watson) !

Alors, qu’en pensent nos chercheurs ?

Et oui, les chercheurs du monde entier, qui travaillent sur le sujet pendant plusieurs années de leurs vies, auraient oublié quelque chose, quelque chose qui expliquerait tous les changements de climat qu’on observe depuis 1910, voila l’explication ! En vérité, ce que les chercheurs savent, c’est que personne ne sait expliquer le changement climatique si on dit que l’être humain n’y est pour rien (mais si vous, vous trouvez, appelez-les 😉 ). Par contre, si on suppose que l’être humain y est pour quelque chose, alors tout s’explique très bien ! En fait, aucune équipe de chercheurs reconnue au monde n’est capable d’expliquer le réchauffement climatique en se basant sur l’idée que les êtres humains ne jouent aucun rôle. Par contre, toutes ces équipes de chercheurs expliquent facilement les changements de climat qu’on commence à voir dès le moment qu’ils supposent que les êtres humains y sont pour quelque chose. Comme les chercheurs sont très prudents, ils disent pudiquement qu’il y a « 95% de chance » que l’être humain soit à l’origine du changement climatique qu’on observe. Si on traduit ça en français de tous les jours, ca veut dire que nous, les êtres humains, nous sommes en train de modifier le climat de notre planète ! Flippant non ?

Heu, ya pas comme un problème de taille ?

Ba oui, comment est-il possible que de tous petits êtres humains sur une planète si grosse puissent changer le climat de leur si grosse planète ? Clairement, une partie de l’explication est qu’on est beaucoup, beaucoup d’êtres humains, et donc notre si grosse planète n’est plus si grosse que ça pour tout ce monde. Une autre partie de la réponse est que chacun d’entre nous, pris individuellement, consomme de plus en plus de choses. Ces choses, bien sûr, sont prises sur la planète sur laquelle on habite. Par exemple, mon Smartphone est fait avec beaucoup de silicium, qui est un constituant de la croûte terrestre. Si je change de Smartphone tous les ans, je consomme 2 fois plus de silicium que si je le change tous les 2 ans. Comme chacun d’entre nous consomme de plus en plus, et bien on prélève chacun de plus en plus de ressources.

Consommer… C’est bien ou c’est pas bien ?

Bon, quel est le rapport avec le climat ? En fait, plus on consomme, plus on rejette de déchets. Je m’explique… D’abord, qu’est-ce qu’un déchet ? Un déchet, ce n’est pas forcement quelque chose de sale ou de dégouttant, c’est juste le produit d’une activité qui n’est pas destiné à être utilisé. Par exemple, si je découpe de jolis papillons dans une feuille de papier Canson pour fabriquer une carte d’anniversaire à ma petite sœur, et bien je garderai les papillons, et les autres bouts de papier seront les déchets. En fait, l’un de nos plus gros déchets, sans qu’on s’en rende compte, c’est le fameux CO2. Ba oui, c’est un gaz invisible, et non toxique, alors forcément on n’y pense pas !

La vie d’un ordi dans le ventre de sa maman, avant qu’il pointe son nez à la FNAC

Après, pas forcément besoin de prendre sa voiture, ou de prendre l’avion, pour cracher du CO2. Acheter un ordinateur, par exemple, ca suffit à émettre… 1000 kg de CO2 !! Oui, juste aller à la FNAC, acheter l’ordi, et rentrer chez soi… Bon ok, c’est juste une façon de parler… La vérité, c’est que le CO2 a été émis pendant toute la fabrication de l’ordinateur, donc quand on l’achète, le CO2 a déjà été émis. Depuis le moment où une énorme machine a extrait les métaux utiles à la fabrication de l’ordi, jusqu’au moment où l’ordi est arrivé à la FNAC tout beau tout fini, et bien mon futur ordi est passé par des phases de transport, par des phases de cuisson, par des phases où on a écrasé des pièces en métal, par des phases où encore d’autres machine ont fait du travail à la chaine… Au final, toutes ces belles machines mangent beaucoup de pétrole, et de charbon (surtout en Chine !), et elles rejettent… beaucoup de CO2 ! En gros, 675kg de CO2 pour fabriquer l’écran plat de mon ordi, et 325 kg pour fabriquer le reste 😯 .

Coucou petit camion de la mine de Silicium pour fabriquer mon ordi :)
Coucou petit camion de la mine de Silicium pour fabriquer mon ordi :)
Et la vie de tout ce que j’achète !!

Mais bon, l’ordi ce n’est qu’un exemple, parce qu’en fait quasiment tout ce qu’on consomme a produit du CO2 comme déchet (certains produits indiquent la quantité de CO2 qui a été émise pour les produire. Par exemple, pour produire le café que je bois, il faut émettre plus de kilos de CO2 que le nombre de kilos de café produit !). C’est pour ça que je dis que dès que j’achète quelque chose, j’émets du CO2. Parce que si j’arrêtais d’acheter un ordi tous les ans, et qu’à la place j’en achetais un tous les 3 ans, et bien la fabrication des ordis tournerait un peu moins, et donc toutes les machines, mises bout à bout, qui produisent les ordis, tourneraient un peu moins, et donc émettraient un peu moins de CO2. Vous suivez ? :roll:

On crache du CO2 comme des pompiers !

Bon je résume, parce qu’on s’est éloigné de notre sujet : on est de plus en plus d’êtres humains sur terre, et dès qu’on consomme quelque chose, on émet du CO2. Comme on consomme chacun beaucoup (et de plus en plus), le bilan est qu’on émet des tonnes et des tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année. Imaginez  le nombre de tonnes, sachant que rien qu’en achetant un ordi portable, on émet 1 tonne ! En vérité, les chercheurs qui mesurent ce que devient le CO2 une fois qu’il est parti dans l’atmosphère disent qu’on émet 30 milliards de tonnes de CO2/an (c’est 3 fois la masse de la comète Tchoury sur laquelle s’est posé Philae)… Evidemment, tout cela s’accumule dans l’atmosphère, malgré nos arbres qui essayent d’en récupérer une partie, et nos océans aussi. Bien sur, toutes ces émissions de CO2 amplifient l’effet de serre dans l’atmosphère. Et comme ce sont des quantités pharamineuses de CO2 qu’on émet, et bien… Cela modifie le climat de notre grosse planète !

La comète Tchoury, si elle était posée à côté de Los Angeles
La comète Tchoury, si elle était posée à côté de Los Angeles

Donc oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, nous sommes en train de modifier notre climat. Ca fait peur dans un sens, parce que le dérèglement climatique n’est vraiment pas un cadeau que l’on se fait (mais alors, je n’insisterai jamais assez dessus, vraiment, vraiment pas un cadeau !). Dans un autre sens, c’est rassurant parce que ce n’est pas une fatalité : on peut encore agir pour limiter la casse :) !

Le cri du monde !

Le monde pousse un cri !

En voilà une grande nouvelle : les français pensent que leur vie sera affectée par le changement climatique, et donc ils se disent qu’il serait bien que nos politiques se bougent et proposent des objectifs ambitieux pour limiter le changement climatique. La bonne nouvelle n’est pas que notre vie soit affectée par le changement climatique, ça non, mais plutôt qu’on commence à s’en rendre compte.

Normal non, vues les inondations à répétition (en France et Angleterre en janvier 2014), les tempêtes de plus en plus violentes (La « tempête du siècle » en 1999, Katrina en 2005, le cyclone le plus puissant de l’histoire, en 2013 (Philippines)…), les records de canicule et de sécheresse mondiaux qui tombent un par un à une cadence effrayante (France 2003, Russie 2010, Australie 2013, Californie 2014) ? 😕 Les dernières études trouvent même que 12 des 13 années les plus chaudes de l’histoire (depuis qu’on enregistre les données météo) sont arrivées après l’an 2000 !

L'Angleterre a "pris cher" début 2014 | AP/Steve Parsons
L’Angleterre a « pris cher » début 2014 | AP/Steve Parsons

Ce qui est certain, c’est que tout cela colle très bien avec ce que les chercheurs du monde entier prévoyaient déjà en 2001… Il suffit de lire les prévisions du GIEC (le groupe de référence qui réunit tous les résultats que les chercheurs en climat produisent) dans son rapport de 2001 (ici). Et pas de bol, ils prévoient que ça empire encore pendant plus de 100 ans… Surtout si rien ne change !

L’heure du réveil ?

Alors pourquoi se réveille-t-on maintenant ? Pourquoi faudrait-il faire quelque chose maintenant plutôt qu’à un autre moment ?

En réalité, c’est que maintenant, on commence à ressentir que le climat change. Avant, soit on connaissait la théorie, soit on ne la connaissait pas. C’était plutôt une question d’intérêt scientifique. Oui, les chercheurs, et le public qui s’intéresse à la science du climat, savent déjà que le climat change, dans quelles directions il change, et pendant combien de temps il va continuer à changer [gloups 😕 ]. Mais les autres, nous, les petits habitants de la France, nous découvrons le changement climatique « en vrai ». Ca y est, il arrive, et on commence à deviner à quoi il ressemble. On commence à cerner l’ampleur de cette bête dont tout le monde avait déjà au moins entendu parler, sous le nom de réchauffement climatique [silence horrifié dans la salle ].

Réchauffement, ou dérèglement ?

Réchauffement ? Pourquoi ce nom ? C’est dû au mécanisme physique qui produit ce changement, l’effet de serre. Oui oui, c’est bien connu, dans une serre il fait plus chaud qu’à l’extérieur, d’où le nom de réchauffement ! Bon, plus précisément, c’est que certaines molécules de l’atmosphère interceptent des rayons qui étaient émis par le sol, et les renvoient vers le sol. Exactement comme la vitre d’une serre, qui empêche certains rayons de s’échapper et les renvoie vers l’intérieur de la serre. Effectivement, dans une serre, on sent un réchauffement, et pas grand-chose d’autre. Mais l’atmosphère entière est tellement complexe qu’il y aura d’autres effets, en plus du réchauffement. Grosso modo, l’effet de serre met de plus en plus d’énergie dans l’atmosphère, alors ça l’agite cette pauvre atmosphère. Un peu comme au billard, quand la boule blanche arrive à fond sur le tas des autres boules bien rangées en triangle : ça agite tout ce petit monde et ça fiche la pagaille ! C’est pour ça que maintenant, pour le climat, les chercheurs parlent plutôt de dérèglement.

Donc, ce dérèglement ?

Ce que prévoient les milliers de chercheurs qui travaillent sur ce sujet depuis une quarantaine d’années, c’est qu’effectivement, sur les terres, il y aura de plus en plus de jours chauds, donc de plus en plus de canicules. Il y aura aussi plus de fortes pluies et d’inondations dans les régions pluvieuses, et plus de sécheresses dans les régions sèches. Les tempêtes, cyclones, ouragans, seront aussi plus puissants.

Toutes ces prévisions, ce sont les choses qu’on va ressentir. En vérité, ce que je ressens, c’est l’inondation de ma maison, la canicule qui détruit les cultures de ce que je mange d’habitude, la mort de mes proches dans un cyclone… Bon OK, c’est pas méga joyeux ce que je raconte, je m’arrête là 😕 . Mais tout ça pour dire que ce n’est pas le réchauffement global que je ressens. Ce que je ressens, ce sont les événements lorsqu’ils arrivent autour de moi, ou autour de ceux qui me sont chers. C’est ce qu’il s’est passé début 2014 avec les inondations, les tempêtes à répétition en Bretagne ; avec la canicule de 2003, avec la tempête de 1999. Le dérèglement climatique est chez nous. C’est pour ça qu’on se dit maintenant qu’il faut faire quelque chose.

Le monde parle et nos anciens l’entendent

Je suis de la génération qui a grandi dans les années 90 ; dans ma génération, à chaque fois qu’on voit un événement météo à la télévision, on nous dit que c’est le plus puissant, que c’est un record, que c’est du jamais vu de vie d’homme. C’est d’ailleurs ce que me disait ma grand-mère suite à la tempête de 1999. Finalement, j’avais tendance à me dire que les plus âgés exagéraient toujours en disant qu’avant c’était mieux, et je me disais que les médias faisaient juste du sensationnel.

Mais depuis peu, je m’intéresse à ce que nous disent les chercheurs, ceux qui mesurent ce qu’il s’est vraiment passé, et qui ont les informations nécessaires pour pouvoir dire des choses du genre « cet événement est le plus puissant depuis qu’on enregistre des données sur la météo ». Je me suis aperçu qu’ils confirmaient ce que les gens ressentaient : les canicules sont bel et bien plus chaudes et plus longues, les tempêtes plus puissantes et dévastatrices. En fait, je suis encore trop jeune pour voir le changement : les événements records, ce n’est pas un changement pour moi, ça arrive régulièrement, au jour le jour.

Finalement, le changement climatique, c’est la routine des gens de ma génération, si bien qu’on n’y prête plus trop attention. Mais en m’intéressant à ce qu’il se passait avant moi, en écoutant les anciens en parler, et en écoutant ce que les chercheurs avaient enregistré par le passé, j’ai découvert qu’en fait, le changement (climatique), c’est maintenant !

A quoi il est dû, et comment éviter la cata (et même, est-ce encore possible ?), deux très vastes questions que j’aborderai dans d’autres posts :)

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